Elle se prépare à monter sur les planches du Bataclan pour livrer son show au Hit's & Co, l'occasion pour nous de la rencontrer et d'évoquer avec elle son parcours, son ½uvre et de lever le voile sur son prochain album : "Nâdiya", tout simplement...
Vous vous produisez ce soir au Bataclan à l'occasion du Hits & Co Show... Monter sur scène qu'est ce que cela représente pour vous et comment envisagez-vous votre prestation ?
Nâdiya : Monter sur scène c'est pour moi la vraie énergie que doit ressentir l'artiste : la scène est sa première place. C'est aussi la joie, l'envie, c'est donner, transmettre, recevoir, c'est une sensation très unique et très forte à la fois... C'est énorme. Dès que je monte sur scène et qui plus est dans des salles qui ont une âme, comme ce soir au Bataclan, je ressens des choses très particulières voire inexplicables.
Vos deux albums "Changer les choses", et "16/9" ont connu un véritable succès, le dernier ayant remporté le trophée du meilleur album "Rap - Hip Hop" aux 20è victoires de la musique, comment vivez-vous ce succès ?
Nâdiya : Le succès de "16/9" c'est la reconnaissance du public et des professionnels. Cela fait toujours plaisir d'être reconnue par les gens avec qui vous travaillez et d'avoir été reconnue sur cet album qui me ressemble énormément.
Le rapport entre la musique et l'image semble essentiel pour vous. Cela vous plait d'appartenir à un univers graphique hors du commun ?
Nâdiya : Effectivement, j'adore pouvoir me projeter dans une unité de temps et de lieu. Cela me permet vraiment de m'évader et de m'amuser surtout. Tous les univers que j'ai abordés jusqu'à maintenant sont des univers qui font partie de moi. Je ne joue pas un rôle : chaque chanson est une parcelle de moi.
Dans vos clips, vous êtes tantôt boxeuse, tantôt au volant de grosses cylindrées... A quelle partie de votre personne ces postures font-elles référence ?
Nâdiya : Ce côté martial dans les sons et dans l'image donne les moyens de convaincre. Depuis toute petite, il fallait que je monte des montagnes pour arriver à atteindre mes objectifs. Le son, les beats hip-hop, ils incarnent cette force qui me permet de m'affirmer. J'ai besoin de ça.
Quelles sont vos influences musicales ?
Nâdiya : D'un point de vue mélodique, Whitney Houston avait dans l'énergie quelque chose de très masculin, de très revendicateur mais en même temps, elle nous faisait planer dans ses balades. Elle avait une aura très forte dans sa voix.
Vous présenterez bientôt votre troisième album au public, pouvez vous nous en dire quelques mots ?
Nâdiya : L'album va s'appeler Nâdiya et il sortira au mois de mai. Je mets à nu tous les univers dans lesquels j'ai voulu transmettre des choses. Il y a des sons de la rue, on retrouvera cette idée d'unité de temps et de lieu qui m'est chère et qui donne lieu à des univers de cinéma. Le son est très 70's, très San Francisco. Je fais un rapprochement entre les mots et le son parce qu'il y a une corrélation très forte entre ce que l'on peut apprendre dans la rue et ce que peuvent évoquer les sons des chansons. Il y a un son speed, très mafieux qui met l'accent sur tous ces petits jeunes qui se sont pris pour Tony Montana dans Scarface. J'aborde également le thème de l'écologie avec un son Reggae Town qui rappelle l'univers de la jungle.
Le pouvoir des mots, c'est un thème qui vous passionne, quels pouvoirs attribuez-vous aux mots de vos chansons ?
Nâdiya : J'attribue beaucoup d'importance à tout ce que l'on peut dire. On a une vraie responsabilité par rapport à ce qu'on dit, aux avis qu'on formule. On ne peut pas dire n'importe quoi. Pour prendre un exemple récent, une phrase prononcée récemment en public a provoqué plusieurs mois d'émeutes. Je dis juste que dire les choses au moment où tu les penses, ça se matérialise, c'est de l'énergie, et ça n'est pas toujours positif... Je le vois également à travers mes chansons : j'ai reçu beaucoup de témoignages de jeunes filles un peu perdues qui se raccrochaient à mes mots.